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photo: auteur non connu
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à propos du sadisme (3)
Comme nous l'avons vue, l'étude du Sadisme et du Masochisme fut fortement teinter de référence moral qui se sont difficilement extraite du critère normatif lié au patriarcat et à la sexualité génital.
Que nous dit Deleuze pour sortir de cette ornière et pour effectuer cette distinction entre sadisme et masochisme au lieu de sadomasochisme ?
D'abord que la pretendue unité sadomasochisme est développée autour de 3 arguments:
1) Dans la même personne, un sadique est en même temps masochiste. L'idée est que le côté passif et le côté actif de la perversion puissent prédominer et caractériser l'activité sexuelle qui prévaut (infliger ou recevoir la douleur).
2) L'identité d'expérience : l'idée est qu'il y aurait deux sadismes. L'un de pure agressivité, l'autre de pure hédoniste. Et le masochisme serait à la jonction des deux. En gros, l'unité sadomasochisme serait:
un sadisme d'agressivité-> un retournement contre soi->expérience masochiste->sadisme hédoniste (par régression et projection).
3) Il consiste à montrer que les pulsions sexuelles, tant dans leurs buts que dans leurs objets, sont susceptibles de passer les unes dans les autres ou de se transformer directement.
C'est l'incohérence de ces 3 arguments que Deleuze va démontrer. Ensuite il revient sur le livre de Sacher Masoch, la venus à la fourrure ainsi que d'autres écrits de celui-ci. Il montre que l'ensemble des oeuvres de Masoch n'a pas été aussi étudié que celle de Sade. Il part ensuite de la comparaison de l'ensemble de ces deux oeuvres, des écrits analytiques (sur le sadisme et le masochisme) ainsi que des écrits médicaux (tels que Von Krafft Ebing, d'Havelock Ellis) pour montrer que le sadomasochisme est une anomalie sémiologique puisqu'il s'agit de deux entités très différentes.
Je ne reprendrai pas ici l'ensemble des démonstrations de Deleuze, j'exposerai que 3 points (parmi les éléments du résumé final) et le résumé final de sa démonstration.
Parmi les 3 premiers points, Deleuze pointe le fait que:
1) L'acte sadique est soutenu par une volonté de convaincre et donc par une volonté de démonstration. Deleuze reprend l'ensemble de l'oeuvre de Sade. Et montre que chaque intervenant sadique qui s'attaque a une personne, s'interrompt pour témoigner d'une position philosophique (en fait une justification de sa toute puissance et de son identité de la violence) au travers d'un acte violent non-consensuel.
2) Le sadisme porte deux niveaux de natures. l'un négatif comme processus partiel et l'autre négation pure comme idée totalisante. Le négatif étant a voir comme processus partiel de positivité. C'est a dire que la "destruction" est l'envers d'une création. La négation pure est l'idée d'une nature asservie a ses propres règles et lois. Elle dépasse le cadre des lois et règles sociales humaines pour s'inscrire que dans le désir sadique.
3) Le sadique libertin est dans une logique de répétition qui vient répondre une nécessité de reproduction (avec autant de partenaires que possible). Cette nécessité de reproduction est liée a la dialectique entre les deux niveaux de natures du sadisme. L'acte de négation pure (sadisme négation) ne pouvant être libéré, il est relayé dans un acte libertin érotisé (sadisme négatif). En gros l'idée est que la multiplication de victime dans un jeu érotisé vient compenser l'acte réel sadique de négation (pour ne pas dire de "victimes" réels).
Détailler l'ensemble des différences entre le sadisme et le masochisme serait bien long. Au final Deleuze résume les différences entre le sadisme et le masochisme en 11 points:
1) La faculté spéculative démonstrative du sadisme ; la faculté dialectique imaginative du masochisme.
2) Le négatif et la négation dans le sadisme; la dénégation et le suspensif dans le masochisme.
3) La réitération quantitative ; le suspens qualitatif
4) Le masochisme propre du sadique, le sadisme propre du masochisme ; l'un ne se combinant jamais avec l'autre.
5)La négation de la mère et l'inflation du père dans le sadisme; la dénégation de la mère et l'annihilation du père dans le masochisme.
6)L'opposition du rôle et du sens du fétiche dans les deux cas; ainsi que dans le phantasme.
7)L'anti-esthétisme du sadisme; l'esthétisme du masochisme.
8) Le sens de l'institution du sadisme; le sens contractuel du masochisme.
9) Le surmoi (représentation morale et répressive) et l'identification dans le sadisme; le moi (conscience= perception et processus intellectuelle) et l'idéalisation dans le masochisme.
10) Les deux forces opposées de désexualisation et de re-sexualisation.
11) L'apathie sadique ; le froid masochiste.
Le travail de Deleuze a permis une plus nette différentiation entre les deux processus qui sont clairement opposés mais qui reste dans l'imagerie populaire une référence commune sous une appellation (sadomasochisme); Alors qu'elles devraient être clairement identifié comme deux personnes (sadisme et masochisme) dans un couple qui jouirait d'une forme de (fausse vraie) complémentarité mais qui serait clairement deux personnes différentes.
Après cette parenthèse sur l’illusion d’une unité sémiologique sadomasochiste (qui est en fin de compte est un abus de langage ou une méconnaissance des mécanismes inhérents au sadisme et au masochisme) , Je reprendrai pour la conclusion, l'ensemble de la question du sadisme.
(à suivre)
photo 1: saw
photo 2: auteur inconnu
LA DOULEUR D’AIMER
Une douleur au-delà des mots
Se cache dans le coeur d’amour :
Les peuples qui vendent et achètent
Les nuages de leurs voyages passés,
Les vents froids et humides qui toujours ont soufflé,
Et l’ombrageuse coudraie
Où s’écoulent les eaux opaques,
Ils menacent l’être que j’aime.
A pity beyond all telling
Is hid in the heart of love:
The folk who are buying and selling,
The clouds on their journey above,
The cold wet winds ever blowing,
And the shadowy hazel grove
Where moves-grey waters are flowing,
Threaten the head that I love.
W.B. YEATS
rockbitch
Il y a toujours eu a travers l'art une volonté de "révolutionné" le monde.....
ici ce fut pour mettre l'accent sur une "nouvelle femme", en allant bien des fois jusqu'a des prestations osés sur scenes (exemple: http://xhamster.com/movies/295368/rock_bitch.html ) ainsi qu'apres les concerts......avec le public.
Etre et Mythe
Il y a mille contes, mille légendes, mille et une histoires qui existent en ce monde.
Pourtant l'une dépasse de loin le cadre des nations et des pays, des cercles et des domaines.
Sur terre, elle a une valeur de la plus haute importance, et dans le monde bdsm elle est d'un cran encore supérieure.
Elle est la pierre brute de la création bdsm, qui taillée deviendra cristal, émeraude ou diamant.
Cette légende est celle de l'Être, de l'unique, de celui (ou celle) qui nous mènera vers des sommets non atteint, vers les cimes de notre être profond et qui transformera la larve en papillon.
À cet Être, nous disons : "Je viens chercher un doux repos, me nourrir de frivolité, d'exaltation, de partage et d'abandon. Je viens m'oublier et apprendre au creux de ton bras....lorsque m'assaille le sentiment de ne plus vivre, de cesser d'être."
La question est de savoir s'il faut attendre l'arrivée d'un/e « illuminé/e » pour nous instruire sur nous-même ? C'est une question qui ne trouvera sans doute pas de réponse car on ne se connaît jamais assez toutefois essayons d'être le principal acteur de nous-même tout au long de notre vie.
Si l'Attente du prince charmant ou de la princesse !! pardon !! ....Si l'Attente du (de la) D parfait/e où du (de la) S parfait/e reste avant tout de l'ordre de la sublimation par rapport à une relation , elle n'en reste pas moins son fondement. Quels que soient les cercles humains mais particulièrement dans le bdsm, l'attente est bien souvent seulement une prémisse à l'abandon plutôt qu'à la construction (ou reconstruction) de Soi, pour permettre une meilleure harmonie du couple à venir et donc un meilleur « don » de sa personne. Peut être d'ailleurs que l'abandon est le prealable à la construction de soi pour certain.
Néanmoins (et sans faire preuve d'une certaine morale) avant d'offrir ou de le prendre "précipitamment" un titre de « maître/sse »(ou de soumis/e) commençons déjà par être « maître » de nous-même ( c-a-d pleinement homme ou femme), en nous instruisant de « nous-même », au lieu d'attendre que ce soit un autre qui le fasse pour nous, en nous construisant. Nous instruire de nous-même passe par l'intériorité (introspection/fantasme), par la connaissance de notre corps (sensualité/biologie), ainsi que par le regard des autres car c'est l'influence des autres qui nous forgent.
En donnant/acceptant un titre, nous nous modelons mutuellement d'une vision qui appartient au Maitre/sse ou au soumis/e. Nous nous enfermons dans des schemas qui le plus souvent empèchent la réelle rencontre avec l'autre. Aussi bien parce que nous adhéronsà une illusion d'un bdsm (que nous portons), que par le fait d'avoir peur de devoir de nouveau « attendre » (car l'attente est cyclique) celui qui porte "notre mythe".
Il est vrai que notre épanouissement passe par la rencontre avec l'autre(s) mais cet épanouissement passe aussi par un corollaire préalable: la rencontre avec nous-même. Car comment être honnête et sincère avec l'autre si on ne l'est pas avec soi-même? Comment être en phase ensemble, si la fonction de l'autre n'est que celle du « héro ou héraut »? Il est clair que si le/la D n'est qu'héraut du « vrai héro » (qui n'en fini pas de venir) , le cycle des rencontres seront autant d'épreuve et de conditionnement qui nous éloigne de nous-même (de notre être et de nos besoins) puisque nous cherchons principalement à honorer l'autre(s).
Ce regard est autant du coté de celui qui porte l'attente que du D qui recevra les espoirs.
Après tout, les « exubérants », « fantasques », »frustrés », « cavaleurs », « les paumés », « colériques », les « connards » ou autres ne peuvent pas être considéré vraiment en tant que tel si il/elle ne sait pas qui il/elle est, et ce qu'ils/elles font !
Jung : On dit que c'est faire preuve d'égoïsme ou qu'il est « malsain » de s'occuper de soi-même ; on dit qu'on est soi-même la plus mauvaise des sociétés : « la solitude rend mélancolique ». Mais quiconque à ce point de vue n'imagine sans doute jamais le plaisir douteux que doivent éprouver les autres personnes à vivre en la compagnie de ces couards qui ne sont pas capables de se supporter eux-mêmes.
Rien d'étonnant après cela que souvent les uns et les autres vont voir ailleurs. L'herbe est toujours plus verte chez le voisin.
Pascal: Il faut se connaître soi-même. Quand cela ne servirait pas à trouver le Vrai, cela au moins sert à régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
photo 1 et 2 : auteur non connu
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l'attente
photo : auteur non connu
Dans l'ombre de l'aube
Dans l'ombre de l'aube
près de ton flanc, en maraude
Tu t'éveilles
Mon n'âme ourdit sur tes lèvres
goûte une virgule d'éternité
Tu te lèves
Moiteur d'éros, demi lune d'encens
L'eau dérobe la nuit, caresse tes sens
Tu te laves
Bois une gorgée de soleil, je baises tes mains
Étoile de cœur, filant à ses humains
Tu pars
infini
contribution au busab
" Ne fabriquez surtout point de heros ", disait mon père.
La voix de Ghamima.
à propos du sadisme (2)
De nos jours , la plupart des lecteurs de blog ou de forum pensent que la définition du Sadisme est liée aux seuls jeux sexuels alors que la définition ne vise qu'à montrer un comportement dans lequel la souffrance psychologique et physique d'une victime (consentante ou non !!) déclenche une excitation sexuelle chez une personne (cette excitation n'impliquant pas le coît).
Le regard (principalement descriptif) de Krafft-Ebing sur le sadisme et le masochisme (ainsi que sur d'autres formes de sexualités) était assez " lié a son temps" (son analyse était axée sur les anomalies des pulsions de reproduction de l'espèce) néanmoins cela a permis à partir des bases de son travail de faire des recherches plus étendues dans differents corps des sciences humaines. Ce qui a eu pour résultat de montrer que le sadisme avait différentes représentations.
Ces représentations sont de 5 ordres ou facettes. Celle du développement normal commune à tous; une pulsion partielle et "transitoire"; un mode de structuration ; une pratique "violente" plus ou moins "ludique" mais sans danger; un acte violent (pouvant entraîner la mort).
Précedement nous avons vu que Richard Von Krafft-Ebing avait permis aux sciences médicales de s'approprier la sexualité avec des termes liés à la psychiatrie et à la sexologie. La métapsychologie qu'est la psychanalyse (à partir de Freud) fera le chemin inverse en écartant la dimension pathologique (associée à la distinction de la perversion d'objet et de but) en replaçant la sexualité dans un contexte de développement normal.
En ce sens Freud reprend à son compte et développe certaines idées de l'époque concernant le développement de la sexualité infantile jusqu'à l'état adulte.
L'enfant est un pervers polymorphe. C'est à partir de cette phrase de Freud issue des 3 essais sur la théorie sexuelle que la sexualité humaine entre dans le domaine du "normal" en sortant du cadre alieniste où elle avait été placé par des représentations moralistes et orientées.
Qu'est-ce que Freud entend par là ? Simplement que l'enfant cumule l'ensemble des tendances (sadique, masochiste,exhibitionniste,voyeuriste, etc...) et qu'il les exploite en fonction ses désirs et des circonstances. Ces pulsions sont dites partielles. Elles sont transitoires lorsqu'elles sont utilisées de façon ponctuelle.
Le mode de structuration fait lui référence à une fixation à cet état infantile du pervers polymorphe. Sous entendant que la personne n'a pas pu se détacher des plusions sadiques au moment où les pulsions étaient très investies, d'ou un rapport à l'autre lié à la tout puissance. Et cette toute puissance s'articule autour d'un désir sans limitation. En ce sens, cette articulation n'est pas ''que" sexuelle et elle n'implique aucunement des jeu sm ou des violences. Elle est plus articulée autour d'un mode de fonctionnement "comportemental" pour ne pas dire psychique ou ethico-morale.
La forme ludique et/ou violente représentative des jeux sm et de l'acte cruel extrême. Je précise simplement que l'acte violent et/ou ludique s'articule sur la recherche du plaisir et d'accession à la génitalité "cérébrale" au travers de la douleur qu'il inflige (la douleur pouvant être un idéal fantasmé) ou l'humiliation. La satisfaction passe par l'idéalisation (lié à ce qui fait écho dans le partenaire) et la transgression de la loi.
L'acte cruel extrême (pouvant entrainer la mort) renvoit de son côté à la jouissance où la victime n'existe pas si ce n'est dans des représentations (et non pas en tant que sujet humain) mais elle reprend la dynamique de la violence la poussant à son paroxysme dans un jeu de répetition et de défie des lois (ou par l'imposition de sa loi).
Ces deux dernières formes (violentes plus ou moins ludiques, et celle pouvant entrainer la mort) semble assez proches mais sont en fait bien distinctes puisque ce qui est cherché dans le jeu, renvoi à une ouverture dans l'autre (même si ce n'est qu'un écho qui passe par la douleur et l'humiliation) alors que dans le second cas, même s'il y a répetition, ça n'est pas avec l'autre (les personnes peuvent être interchangeable) mais bien un jeu du "je" en recherche de signification personnelle de ses instincts.
C'est par l'intermediaire des études de la psychologie sexuelle de Havelock Elis, qu'une double hypothèse prendra forme autour des affects de douleur et de plaisir (concernant le sadisme et le masochisme); ceci 8 ans avant les 3 essais sur la théorie sexuelle. Il s'agit d'une hypothèse de pulsion instinctuelle. Cette hypothèse trouvera écho ultérieurement dans le développement de la psychanalyse (et validée par d'autres courants de psychologie).Elle sera traduite par une donnée d'ordre biologique qui aura pour équivalence le couple primaire sadisme et masochisme. Par dessus ce couple, vient ensuite la pulsion partielle (qui est de l'ordre de la représentation symbolique).
Si sur un point de vue pulsionnel, le sadisme et le masochisme sont un couple (tout en étant distinct), ils n'en sont plus un dès lors que l'on parle de la perversion sadique et la perversion masochiste. Mais dans un premier temps, la référence du couple opposé (mis en avant par Krafft-Ebing et reprise par Freud) sera la référence du sado-masochisme. Cette idéologie perdurera assez longtemps puisqu'aucune étude sérieuse ne mis en contradiction les références moralistes et puritaines de Krafft-Ebing et l'acceptation normative de Freud aux références sexuelles de l'époque (références hétéro centrées liées à un rapport au patriarca au point que pour Freud la référence au masochisme est toujours liée au féminin, et le sadisme au masculin) qui confirme une moralisation du rapport sexuel et sexué.
C'est à partir de l'étude (fausse présentation/introduction) de Deleuze sur le livre "la venus à la fourrure" de Sacher-Masoch, que l'on verra plus clairement la différence entre sadisme et masochisme. Néanmoins Deleuze va en même temps montrer les limites de son analyse en renversant la position de Sacher-Masoch.
Qu'en est-il de cette distinction ?
(à suivre)
photos : auteurs non connu
reflet d'offrande
photo auteur :john Tisbury
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